Mise en oeuvre de solutions HQE dans le cadre de travaux de restauration

Rénovation à faible émission: consommation d'énergie dans les immeubles

Dans le secteur tertiaire en Europe, la remise à neuf des bureaux offre des possibilités beaucoup plus substantielles pour réduire les impacts qu'en construction neuve. Cette dernière ne représente en effet annuellement que moins de 1,5 % du parc immobilier. La motivation habituelle pour les opérations de réhabilitation comprend:

  • Remplacement des finitions dégradées et des composants
  • Adapter l'organisation d'espace pour de nouvelles utilisations
  • Amélioration de la qualité de l'environnement.

Ces raisons peuvent suffire à elles seules à justifier l'investissement initial. Mais si, en même temps, la gestion énergétique de l'immeuble peut être rendue plus efficace, on obtiendra une réduction de coût de fonctionnement et une réduction des rejets de CO2. Cela se fera souvent moyennant un sur coût supplémentaire modeste, voire même, dans certains cas à budget constant. Le surcoût éventuel peut être justifié par la diminution des coûts de fonctionnement, .

Remise à neuf vs reconstruction: économie et influence environnementale

Il y a de nombreux cas où la démolition et la reconstruction seront considérés comme une alternative à la remise en état. Cela peut être justifié pour des motifs purement économiques, où les avantages offerts par une nouvelle construction justifient le coût supplémentaire. Cependant, deux facteurs non-économiques doivent être considérés:

  • Les conséquences environnementales de la rénovation par rapport à la construction neuve
  • Le résultat socio-économique.

Initialement, l'impact environnemental de la restauration est presque toujours inférieur à celui engendré par une démolition et une construction neuve. C'est parce que tous les matériaux véhiculent de l'énergie intrinsèque. Les remplacer provoque de nouvelles sources de carbone. En outre, le processus de démolition et d'élimination des déchets crée des rejets de carbone ainsi que d'autres effets liés à l'élimination des déchets. Il est souvent avancé que les performances d'exploitation d'un nouvel espace de travail sont supérieures à celles d'un immeuble rénové. Ce qui, pendant la durée de vie entière, peut avoir un effet moindre sur l'environnement.

Plusieurs effets importants devraient être considérés:

  • la construction neuve n'est que le plus faible émetteur après l'immobilisation de l'immeuble et que cette période peut être compensée par une meilleure performance de l'option "réhabilitation". En outre, si le temps d'indisponibilité va au-delà du de la cible de réduction des émissions, le calcul par cycle de vie n'est pas pertinent et le centre rénové devient le meilleur choix.
  • Le seuil de rentabilité est sensible à la performance réelle des immeubles; les nouveaux ensembles n'ont en général pas d'aussi bons résultats que prévu, ce qui reporte le point d'équilibre dans le temps.
  • La dernière considération est l'utilité sociale et la conséquence sur l'emploi. En règle générale, la restauration porte une plus grande proportion du coût du travail que la construction neuve. Par exemple, la réparation d'une structure de béton et le nettoyage des finitions en ciment dirigera l'argent investi vers les artisans alors que, dans le cas de nouvelles constructions, les sommes en jeux vont principalement vers les promoteurs pour le la fabrication du béton et de l'acier.

Implications pour les utilisateurs, pour le fonctionnement quotidien

La remise à neuf est souvent accompagnée d'un changement de mode d'utilisation.

C'est vérifiable pour tous les types d'utilisation reconnus. Par exemple une zone de soins infirmiers d'un hôpital devient un centre administratif, ou un passage d'une utilisation résidentielle vers un agencement de bureau (voir à ce sujet le site www.kytom.com). Il se peut que dans ce type d'utilisation liée à l'aménagement intérieur, des exigences fonctionnelles sur les espaces changent en raison de la réorganisation et des changements liés à l'évolution de la technologie.

Par exemple, l'évolution des techniques informatiques a une influence continue sur le travail administratif de bureau et des espaces qui le soutiennent. Il est difficile de généraliser, mais il pourrait être dit que les possibilités sont parfois manquées parce que les concepteurs tentent d'imposer des solutions stéréotypées, ignorant souvent l'intérêt de prévoir une nouvelle fonction dans un immeuble.

Par exemple, dans une conversion d'un atelier d'ancienne usine vers un usage de bureau moderne, avec des hauts plafonds exposés, les dalles structurales sont souvent remplacés par des plafonds suspendus pour des raisons acoustiques, et avec l'impression erronée que les espaces d'origine seraient impossible à chauffer efficacement. Or, cette action ne détruit pas seulement une grande partie de la qualité architecturale de l'espace, mais impacte également négativement la distribution de lumière, la ventilation naturelle et, éventuellement, la réponse thermique.

Le changement de mode de fonctionnement peut entraîner des modifications dans les paramètres purement techniques. Il s'agit notamment :

  • Occupation et densité
  • Gains internes
  • Niveaux d'éclairage
  • Taux de ventilation
  • Points de consigne et réponse thermique
  • Propriétés acoustiques (temps de réverbération du bruit, isolation phonique)

Ces changements peuvent comporter des avantages et inconvénients.

Par exemple, un entrepôt historique transformé en une bibliothèque va créer un défi difficile à relever pour le concepteur, si l'intention est de fournir de la lumière naturelle, en raison de la faible hauteur sous plafond. D'autre part, un entrepôt de poids lourd peu isolé par nature engendrerait un gaspillage de chauffage important s'il était détourné de sa fonction initiale vers une destination en tant qu'école primaire. Mais, le chauffage d'appoint serait moins dispendieux si l'isolation des murs périphériques était améliorée dans le cadre du paquet réhabilitation.

Ainsi, les propriétés intrinsèques de l'immeuble, les exigences opérationnelles de la nouvelle installation, ainsi que les options techniques de la remise en état doivent toutes être considérées de manière interactive.

Impact sur la consommation d'énergie

En dépit des améliorations apportées à la performance énergétique globale, le changement de structure, des systèmes, et du fonctionnement peut entraîner une augmentation de la consommation d'énergie. Cela ne signifie pas nécessairement que la remise à neuf HQE a échoué, mais plutôt que les mesures adoptées bien qu'ayant contribué à réduire la consommation d'énergie, ne sont pas suffisantes pour compenser le changement radical de destination.

Pour mesurer le succès de la réhabilitation, il serait juste de faire une comparaison de la performance énergétique de la construction actuel avec, tout d'abord, la construction existante

`ù<+ en configuration "nouvelle utilisation" dans le respect des conditions de confort acceptées, mais sans adopter des mesures de faible énergie.

Deuxièmement, une comparaison doit être faite avec un nouvel immeuble de bureaux d'utilisation similaire.

On pourrait s'attendre à une performance située quelque part entre ces deux options ou avec des aménagements très réussis, surpassant même la performance des édifices neufs typiques.

Enfin, une comparaison doit être faite avec la moyenne des émissions pour le parc immobilier d'entreprise de même type d'usage.

A titre d'exemple,si un bâtiment rénové émet 35 % de plus d'émissions prévues que pour le bâtiment d'origine avec un changement d'utilisation, et 58 % de moins que la moyenne mesurée pour le parc immobilier existant, Le fait que le bâtiment rénové avec son nouvel usage émette près de deux fois les émissions de l'architecture initiale avec son utilisation d'origine, n'a pas de beaucoup de pertinence.

Pour en savoir plus

La restauration des immeubles existants est un sujet négligé dans l'architecture durable. L'attention se concentre généralement sur les nouveaux ensembles.

Les bâtiments du patrimoine peuvent cependant utiliser de grandes quantités d'énergie tout en fournissant de mauvaises conditions internes pour les occupants. Ils peuvent avoir des besoins de chauffage importants, un éclairage insuffisant, une mauvaise ventilation, une trop forte pénétration solaire engendrant l'éblouissement, et un mauvais contrôle du chauffage et du refroidissement. La démolition est une option, mais l'alternative de la rénovation commence à être considérée comme plus durable en termes de valeur architecturale, d'utilisation des matériaux, de perturbation du quartier et d'élimination des déchets.

L'édification de nouveaux centres engendre une plus forte intensité de carbone et comporte de nombreux impacts environnementaux plus larges. En outre, l'impact potentiel de la rénovation à basse énergie est beaucoup plus vert que pour les nouvelles réalisations immobilières car il y a beaucoup plus d'immeubles existants qui seront construits au cours des 10-20 prochaines années, période pendant laquelle de nombreux objectifs d'émissions de CO2 s'appliquent.

Il importe d'offrir aux architectes, ingénieurs un large éventail de conseils professionnels pratiques, illustrés par des exemples réels et couvrant les principes de la rénovation durable à la conception ainsi que des directives précises d'ingénierie. Il faut mettre l'accent sur la nécessité d'une approche intégrée en montrant comment les mesures de remise en état interagissent les unes avec les autres, et avec les occupants, et comment la performance est finalement influencée par cette interaction.